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Djibouti: Un voyage particulier en délégation économique 

Invité par le gouvernement de la République du Djibouti, une délégation économique Allemande comptant environ 50 personnes a séjourné au Djibouti. Ceci était précédé par des préparatifs de plusieurs mois, principalement effectués dans le pays d’accueil et à l’ambassade du Djibouti à Berlin. Cette dernière avait organisé trois manifestations d’information à Hambourg, Munich et Berlin, chez Ghorfa et le « Afrika-Verein », avec pour objectif d’attirer des investisseurs allemands au Djibouti – petites et moyennes entreprises inclues. 

(Traduction de l'article de Barbara Schumacher sur  le site de "Société Allemande Arabe"

 Economie

Central était la première Djibouti-Germany Economic Conference qui a eu lieu le 27 mars de 2014 à l’hotel Djibouti Palace Kempinski – sous avec le parrainage du premier ministre de la République du Djibouti, son excellence monsieur Abdoulkader Kamil Mohamed. Celui-ci, après des mots de bienvenue de S.E.M. Aden Mohamed Dileita, ambassadeur du Djibouti à Berlin (photo), S.E.M. Wolfgang Piecha, ambassadeur allemand au Djibouti, gérant suppléant du Afrika-Verein, monsieur Abdulaziz Al-Mikhlafi, sécrétaire général de Ghorfa et président de la chambre, ministre des Affaires étrangères et ministre de l‘Economie, a fait le discours d’ouverture avant que, pendant une cérémonie solennelle, un mémorandum d’entente aie été signé entre la Ghorfa et la chambre de commerce et d’industrie du Djibouti.  Les trois séances suivantes (politique économique, banques et finances – l’énergie et l’eau – construction, infrastructure et logistique) avec des conférenciers de haut rang des deux pays portaient, en ce qui concerne l’organisation et la structure, la griffe de la Ghorfa: Sous modération allemande, il y avait des informations utiles de ministres djiboutiens, directeurs de banque, des institutions de rang, des experts des domaines et entreprises concernées des deux pays, qui ont abordé les thèmes importants au Djibouti – représentés par les thèmes des séances. Ceci avait lieu pas seulement en présence de la délégation allemande, mais aussi de celle de beaucoup d’entrepreneurs djiboutiens qui avaient donné suite à l’invitation et qui profitaient de l’occasion pour approfondir, pendant des conversations business-to-business, des contacts ou alors en nouer des nouveaux. Une visite à la chambre de commerce avec une présentation détaillée sur place et une visite de l’ancien port de Djibouti, une visite du nouveau port de conteneurs de Doraleh construit par Dubai World (photo) ainsi qu’un tour à travers la zone franche ont parfait le programme économique. À cette occasion  les participants ont été informés sur des ambitieux mégaprojets prévus pour l’avenir ; tels que cinq ports de plus, une cale sèche, une usine de dessalement de l’eau de mer, des zones franches, un quartier d’affaires, des lignes de chemin de fer. Les nombreux ports sont justifiés par l’import et l’export de biens de toute sorte de l’arrière-pays, surtout en vue du grand marché d’avenir de l’Ethiopie. 

L’entreprise PRAKLA à Peine représente l’exemple encourageant de l’engagement d’une moyenne entreprise allemande au Djibouti : « La PRAKLA Bohrtechnik GmbH a des relations de plusieurs années avec le continent africain. Notre technique de creusage rend possible l´extraction d´eau potable de grandes profondeurs. Cette technique est appliquée depuis quelques années au Djibouti pour construire des puits pour l’approvisionnement en eau potable », explique l’ingénieur diplômé Ulrich Pelleter, directeur commercial. « L’ancien ministre de l’eau et de l’agriculture, aujourd’hui premier ministre de Djibouti, a mis en service la première station de creusage en 2007, ensemble avec le géologue djiboutien Dr. Gamal, qui était au moment de l’achat directeur de l’Organisation Nationale d’Eau du Djibouti ONED. » Dr. Gamal confirme : « Depuis que nous tenons les stations de creusage, l’approvisionnement en eau potable a été amélioré de manière significative en ville et dans les zones rurales. Le très bon partenariat avec la PRAKLA a permis de former notre propre personnel pour autant qu’aujourd’hui les travailleurs amènent les puits en bas indépendamment jusqu’à une profondeur de 350m. (photo de gauche à droite : Pelleter, premier ministre, Dr. Gamal)

Culture et Tourisme

Grâce à l’engagement de son excellence l’ambassadeur Aden Mohamed Dileita admiré par tous les participants, les participants qui ont pris le temps pour cela ont bénéficié des impressions culturelles et avaient la possibilité, pendant une excursion d’une journée, de se faire une image des possibilités touristiques. 

Le grand moment de cette excursion dans la culture du pays étaient les danses de folklore professionnelles au cours d’un dîner de gala à l’hôtel Sheraton. Ces danses étaient présentées par deux groupes de danse et deux groupes de musique des deux groupes ethniques les plus grands du pays : les Afar et les Issa qui se distinguaient – pas visiblement pour l’œil  occidental – les uns des autres dans leurs costumes. Surtout les vêtements colorés des femmes Assar avec leurs bijoux en or (photo) resteront gravés dans les mémoires. « Ces danses sont toujours interprétées aujourd’hui, par exemple lors des mariages », explique Dr. Gamal. 

Les amis de l’architecture exotique trouvent leur bonheur dans le centre de la ville de Djibouti. Le plus bel immeuble est « la maison du tabac » (photo), construite en 1914 de Nathoo Moljee, un des fameux « Banyan » de l’Inde. Le centre-ville d’aujourd’hui est né entre 1890 et 1935. Le livre « Djibouti Ex-Libris », une collection d’articles du « DjibOut Magazine », sortie en décembre 2013 chez les éditions acs (ISBN : 978-2-945-7228), informe sur l’histoire captivante des maisons à la place du 27 juin entre la Rue d’Ethiopie et la Rue de Rome et beaucoup d’autres aspects de l’histoire et la culture du Djibouti, comme les mosquées de plus de 100 ans, les rites d’initiation et les mariages traditionnels des habitants. Ce livre est très recommandable, celui qui s’intéresse au Djibouti devrait le lire (560 pages avec beaucoup de photos historiques – vraiment une bonne trouvaille). 

Le vendredi est fait pour une excursion ; les participants étaient donc en route pendant toute une journée, en bus et vedette rapide : A travers un paysage à donner le vertige, de rouges chaînes de roches derrière un désert en pierre noir, faisant station au Canyon Dimbiya, le chemin mène jusqu’au Lac Assal (photo), un lac salé qui se trouve à 157m au-dessous du niveau de la mer et dont la croûte de sel, devant une coulisse d’eau turquoise derrière laquelle une chaîne de montagnes, est praticable à pied. Depuis des millions d’années, le temps semble s’être arrêté ici. En 1886, Rimbaud était ici avec une caravane. Tadjourah, la plus vieille ville portuaire et la seule avec une histoire précoloniale, a déjà été mentionnée pendant l’antiquité grecque. Il y a sept mosquées avec des minarets extraordinaires, dont quelques-uns se voyaient sur les étiquettes de l’usine détruite d’eau minérale. Aujourd’hui il y a une nouvelle usine, construite avec des capitaux privés de Dubai. Elle produit la marque « Eau de Tadjourah ». Avant de visiter un village d’enfants SOS avec une belle architecture d’arcades, la visite de la maison du maire est au programme. Fièrement, ce dernier parle du nouveau port qui est déjà en construction. Ce port est prévu, entre autres, comme « station de passage » pour du carbonate de potassium de l’Ethiopie. Dans le petit port de la marine, trois vedettes rapides de la marine attendent les invités. Le but sont les îles Moucha vers lesquels vont également des bateaux d’excursion civile et qui offrent de l’infrastructure pour des baigneurs. Sur la propriété privée de la famille de l’ambassadeur, les invités savourent la mer et la plage, l’hospitalité des hôtes et le coucher du soleil, avant de repartir en vedette rapide vers Djibouti. 

Art et formation

Tandis que les entrepreneurs profitent de la dernière journée pour des conversations business-to-business, l’auteur de cet article avait l’occasion – de nouveau grâce à l’aide généreuse de l’ambassadeur – de rencontrer le seul artiste peintre et de rendre visiter l’université. 

La maison et l’atelier artistique de Rifki Abdoulkader Bamakhrama (sur sa carte de visite il est marqué « Keynote Speaker, Artist, Producer ») se trouvent à proximité de l’hôtel Kempinski. « D’origine, l’ethnie Bamakhrama vient de Hadramaut/ Yémen, plus précisément, de Ghail Bawasir, environ  60 km au nord de Mukalla. En 1890, mes deux grand-pères sont venus au Djibouti, ils étaient commerçant et imam. Mon père et ma mère sont nés au Djibouti. », raconte Rifki Abdoulkader Bamakhrama (photo) qui reçoit dans son atelier avec du jus de fruits fraiches. Né en 1954 et déjà enfant, il a découvert sa passion pour l’art qui l’a accompagné pendant toute sa vie. Au Djibouti il est connu et populaire. De 1995 à 2011 il était d’abord ministre pour le commerce, puis pour le tourisme, l’industrie, la jeunesse, le sport, la télécommunication et la culture. Il est dit que dans tous les ministères il a fait des innovations décisives. Comme ministre de la culture il a travaillé pendant cinq ans et durant cette période il a, entre autres, fondé un théâtre et de nombreux festivals culturels, dont le festival international de musique qui est toujours célébré annuellement. « J’ai commencé par peintre des portraits. Après, le monde du théâtre m’a emmené à peintre des masques et des costumes. Depuis 1994 je peins avec de la peinture à huile, avant il n’y avait que de l’acrylique et de l’aquarelle. Après avoir terminé mon travail politique, je me suis entièrement consacré à la peinture abstraite et en décembre 2011, j’avais ma première exposition de tableaux dans l’hôtel Kempinski. Deux heures après l’ouverture, tous les tableaux étaient vendus. Les besoins de l’art sont grands au Djibouti. La société s’est développé de nomades en hommes d’affaires qui veulent investir leur argent en art. » Entre-temps, il a eu d’autres expositions d’art solo et il est en train de préparer une exposition de 20 tableaux pour l’évènement « Annual day of Telecommunication » qui aura lieu le 17 mai 2014 à Genève. Son cadeau d’adieu est son premier livre « Palette of Colours », avec une dédicace. Le deuxième livre « Rifki crée ses espaces » est en cours  

 Le terrain de l’université au Djibouti constitue un quartier propre qui est limitrophe au centre-ville. L’université a environ 7.000 étudiants et 250 professeurs. Elle est entourée par un mur, les nombreuses portes d’entrée (photo) sont surveillées par les sentinelles. Proche des portes, il y a des lieux de rencontre pour les étudiants : Des cafés d’extérieur, des librairies et une mosquée. Il n’y a pas de séparation des sexes. L’institut technique a à peu près 1.500 étudiants. Dr. Ayan Mahamoud est professeur associée en mathématiques appliquées et sciences de l’ingénieur. Elle est née au Djibouti, a fait son Master en France à l’université de Metz/ Nancy  et est revenu au Djibouti en 2005. « Du Djibouti, j’ai obtenu mon titre de docteur à l’Ecole Centre Nantes et j’enseigne dans toutes les années d’études à l’université de Djibouti. Nous avons environ 80 étudiants en première année d’études dont 30 restent dans la troisième année et 25 d’entre eux font le master en mathématiques appliquées. Il y a très peu d’étudiantes féminines, en ce moment elles sont sept. J’enseigne pendant 15 heures par semaine. » A la question sur les possibilités d’emploi après le diplôme d’études elle répond : « Comme nous invitons régulièrement des experts de l’économie à des conférences et des séminaires, les étudiants reçoivent à temps des idées sur des futurs métiers. Les étudiants aiment bien ces évènements-là,  ils restent pendant longtemps et oublient l’heure. Au Djibouti, il y a beaucoup d’activités intéressantes pour eux. Comme nous travaillons en liaison étroite avec la chambre de commerce et d’industrie, nous faisons tout pour adapter les programmes scolaires à la demande de l’économie. Les entrepreneurs formulent eux-mêmes les exigences du métier et conformément à cela nous développons  les contenus de l’apprentissage, par exemple pour les domaines suivants : Electrical Maintenance électrique , Logistics and Transportation et Civil Engineering. »

Texte et photos : Barbara Schumacher